LE CONTEXTE CAMEROUNAIS

Le cacao africain est loin d’être connu pour sa qualité mais plutôt pour l’impact néfaste de sa culture sur l’environnement et notamment de sa responsabilité sur la question de la déforestation. En effet, les gros pays producteurs comme le Ghana ou la Côte d’Ivoire se sont engagés dans un cercle non vertueux de production massive de cacao à destination de l’industrie du chocolat. Ces plantations de cacaoyers hybrides poussant en plein soleil donnent l’illusion de résultats rentables les premières années mais finissent par épuiser les sols et les rendre à terme infertiles, ce qui pousse à couper toujours plus d’arbres pour gagner des terres. Le cours du cacao étant très volatile, la situation des planteurs de cacao demeure instable et de nombreux jeunes se détournent de cette culture peu rémunératrice.

 

Le Cameroun est encore méconnu des professionnels de la chocolaterie alors qu’il est pourtant le 5ème pays producteur mondial. 

 

Le cacao camerounais a subi jusqu’à présent le même sort que le reste du cacao africain, bien que sa culture reste beaucoup plus traditionnelle. En effet, les cacaoyers s’épanouissent à l’ombre de grands arbres à bois, dans des forêts encore préservées de la culture intensive. La productivité à l’hectare reste bien faible du fait de l’âge des cacaoyers et du manque de technicité des planteurs. C’est ainsi que la plupart des planteurs camerounais subsistent avec en moyenne deux hectares de terre et 350kg de cacao/ha ce qui ne leur permet pas de sortir de la pauvreté.

Le gouvernement Camerounais souhaite prendre le virage de la qualité. C’est en tout cas ce qui est ressorti du dernier Festicacao qui s’est tenu en août 2019 à Yaoundé, en présence du directeur exécutif de l’ICCO (International Cocoa Organization) et du Ministre du Commerce du Cameroun.  Le salon était axé sur le thème du cacao d’excellence. Le Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café du Cameroun (CICC) a mis en avant son programme New Generation qui vise à accompagner et former les jeunes générations à des itinéraires techniques de cacaoculture sur une période de trois ans : fourniture des plants de cacaoyers, techniques de culture sous ombrage, taille, récolte, centre de fermentation, séchage…Le programme suscite l’engouement chez les jeunes ce qui représente une véritable force pour la cacaoculture camerounaise de demain.

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LA CONFEDERATION MAIN DANS LA MAIN AVEC LE CAMEROUN

La Confédération des Chocolatiers Confiseurs de France a décidé d’apporter son soutien afin de valoriser ce cacao pure origine Cameroun en terme de qualité et d’image.

Aujourd’hui, 60% du cacao du Cameroun est vendu aux Pays-Bas et sert essentiellement les industriels qui le mélangent avec d’autres origines, ou le vendent comme du simple « chocolat ». L’un des axes majeurs de la Confédération est notamment d’apporter aux planteurs Camerounais de nouveaux clients (couverturiers et chocolatiers « Bean to Bar ») qui accepteront d’acheter plus cher un cacao d’une qualité supérieure.
Dès 2017, la Confédération a mis en place un projet pilote avec pour 1ère étape le rassemblement des producteurs d’un village en coopérative. Ce statut vise à faire vivre des valeurs de solidarité, de responsabilité, de pérennité, de transparence et de permettre un travail sur la fermentation qui valorise la qualité du cacao séché.

La 2ème étape a consisté à faire adhérer ces planteurs au Conseil Interprofessionnel du Cacao et du Café du Cameroun (CICC) pour qu’ils bénéficient d’une assistance technique au quotidien, ainsi que de formations qui leur ont été prodiguées en septembre.

Et enfin, avec le soutien du CICC, mise en place de matériels, hangars de stockage, de bacs de fermentation, de tables de séchage et d’outils indispensables aux producteurs : balances, thermomètres…pour devenir un de centre d’excellence labélisés.

LES ACTIONS MENEES AU VILLAGE D’OBALA

Situé à une heure au nord de Yaoundé, le village de Nkog Ekogo (Obala) regroupe une cinquantaine de planteurs aux conditions de travail précaires: absence d’électricité, de balances, de zone de fermentation ou de séchage. Aussi, la totalité des producteurs de cette plantation ne connaissent même pas le goût du chocolat !

Le village produit environ 300 kg de cacao par hectare, contre 1,5 tonne dans d’autres coopératives voisines. Depuis mai 2017 et suite aux conseils de la Confédération, les producteurs de la coopérative se sont organisés afin d’optimiser au mieux leur organisation et de décider ensemble de l’avenir de leur exploitation.

La première production a dors et déjà produit des fèves de qualité. La seconde en octobre confirmera que le cacao du Cameroun est devenu un produit digne de porter l’appellation « pur Origine ».


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